Cher moi,
Je suis désolée.
Je suis désolée de t'avoir fait souffrir aussi longtemps. D'avoir tant fait semblant auprès de personnes qui n'en valaient pas la peine. D'avoir étouffé ta voix lorsque tu avais besoin de crier ce que tu ressentais, simplement parce que les autres ne voulaient pas l'entendre.
Je suis désolée de t'avoir si peu estimée. D'avoir laissé les doutes, les peurs et l'anxiété prendre tant de place. D'avoir constamment fait passer le bien-être des autres avant le tien, comme si tes besoins pouvaient toujours attendre.
Je suis désolée de ne pas avoir cherché à comprendre pourquoi je te malmenais autant. Pourquoi, à force d'encaisser en silence, ton corps finissait par crier ce que ton cœur n'osait plus dire. Ton cerveau s'épuisait, ton corps lâchait, et pourtant je continuais à avancer comme si de rien n'était.
J'ai réussi à transformer cette femme pleine de vie en un robot. Une silhouette qui jouait un rôle pour se fondre dans l'immense théâtre de la vie, en espérant que personne ne remarque qu'à l'intérieur, tout s'effondrait.
Je culpabilise d'en être arrivée là. Pardonne-moi de ne plus avoir su sourire ces derniers temps.
Puis arrive ce moment où l'on étouffe. Où les murs semblent se refermer, où sortir devient une épreuve, où respirer paraît parfois impossible. À cet instant-là, il ne reste que deux choix : se laisser couler... ou remonter à la surface en se battant.
Et cette fois, nous avons choisi de nous battre.
Je te promets que je vais prendre soin de toi. Je veux comprendre comment nous en sommes arrivées là, non pas pour vivre dans les regrets, mais pour ne plus jamais nous abandonner de cette façon.
Je n'ai plus envie de culpabiliser. J'assume mon histoire. Chacun de mes choix, même les plus douloureux, a participé à construire la femme que je suis aujourd'hui.
Et aujourd'hui... je peux enfin te dire quelque chose que je n'aurais jamais cru possible : je me sens mieux. Je me sens même bien.
Si je pouvais me voir dans quelques années, j'aimerais être fière de nous. Fière du chemin parcouru. Fière d'être la mère de cette merveilleuse petite fille. Fière d'avoir rencontré un homme que j'aime profondément. Fière d'être entourée d'amis sincères. Fière, surtout, de ne pas avoir abandonné.
Aucune de ces batailles n'a été vaine. Elles m'ont appris que l'espoir existe encore. Qu'avec du courage, de la patience et beaucoup de persévérance, on peut reconstruire ce qui semblait brisé.
Aujourd'hui, je sais que mes plus grandes forces sont celles que j'ai longtemps considérées comme des faiblesses : ma sensibilité et ma persévérance.
Alors je te fais une promesse.
Je ne laisserai plus personne te faire croire que tu n'es pas assez. Je ne t'abandonnerai plus pour être acceptée. Je ferai de mon mieux pour prendre soin de toi, pour t'écouter, pour te respecter.
Et si un jour je m'égare de nouveau... je reviendrai vers toi.
Parce que cette fois, je sais que nous sommes dans la même équipe.
Pour la première fois, je suis de ton côté.
Moi.

Je trouve que le plus beau dans ton texte n’est pas le pardon. C’est cette idée de devenir enfin son propre allié. On passe parfois des années à chercher quelqu’un qui nous comprenne, avant de réaliser que la première personne avec laquelle il faut faire la paix, c’est soi-même.